Un demi degré en plus de réchauffement climatique, des impacts sur la biodiversité

Un paysage écologique simplifié – avec une perte considérable de biodiversité – pourrait être celui de l’avenir si l’augmentation mondiale des températures  ne peut pas être limitée à 1,5°C par rapport au niveau préindustriel. C’est l’avertissement lancé par le Professeur Guy Midgley, un expert mondial du changement climatique et de son impact sur la biodiversité, dans un article publié dans le magazine Science cette semaine. « Un réchauffement de plus de 2°C entraînerait le monde vers des températures qui n’ont pas été enregistrées depuis plusieurs millions d’années » a-t-il déclaré depuis son bureau du Département de Botanique et de Zoologie de l’Université de Stellenbosch.

D’après un rapport publié par le Centre Tyndall pour la Recherche sur le Changement Climatique, aussi publié dans le magazine Science, si l’augmentation des températures mondiales ne peut pas être limitée à 1,5°C mais seulement à 2°C, cela double les risques associés au réchauffement pour les plantes, les animaux et les insectes.
Avec les promesses actuelles des nations en matière de limitation du changement climatique, les scientifiques prévoient un réchauffement correspondant d’environ 3,2°C. Cela pourrait causer pour 47% des espèces d’insectes, à 26% des vertébrés et à 16% des espèces végétales, de perdre au moins la moitié de leur aire de répartition géographique.

Le Professeur Midgley explique que des niveaux élevés de réchauffement conduiraient à une simplification écologique systémique, un processus au cours duquel de nombreux « perdants climatiques » sont remplacés par moins de « gagnants climatiques ». Un tel paysage écologique simplifié pourrait avoir des impacts sur les services écologiques rendus par les écosystèmes tels que la qualité de l’eau, la conservation des sols, la prévention des inondations – tous ces services étant importants pour le bien-être humain.

Moins d’insectes signifient aussi moins de pollinisateurs et des implications concomitantes pour de nombreuses espèces de plantes et la production de nourriture associée.
Mais même si les gouvernements et les industriels réussissent à limiter le réchauffement à 1,5°C, des recherches récentes montrent que de grandes portions de terres devraient être rendues disponibles pour capturer et stocker le dioxyde de carbone.

Dans tous les cas, la biodiversité sera perdante, car l’extension de l’utilisation des terres menacera en elle-même les habitats restants.
« Nous devons rester aussi proches des 1,5°C que possible. C’est la réelle conclusion de l’étude. Donc voici l’ironie : afin de réaliser l’objectif des 1,5°C, nous pourrions endommager de nombreux habitats qui soutiennent la biodiversité afin d’atteindre un objectif qui sauvera la biodiversité » explique le Professeur Midgley.

« Il y a beaucoup trop de débat sur la question du changement climatique et pour savoir si oui ou non, il est réel. Ce que nous devons vraiment faire, c’est débattre comment nous résolvons ce problème. Ces concentrations très élevées de CO2 pourraient bien changer les écosystèmes du monde de manière irrévocable. Si nous augmentons le CO2 à plus d’un million de parts par million, d’ici les cinquante à soixante prochaines années, nous pourrions littéralement faire reculer le monde de 20 à 30 millions d’années en un siècle ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Vous aimerez